MADRID / ESPAGNE
Entre 2012 et 2017, les biens culturels autorisés par le ministère de la Culture à quitter définitivement l’Espagne ont augmenté de 60 %.
Plus de 2 019 autorisations définitives de sorties de territoires de biens culturels ont été délivrées par le ministère de la Culture espagnol en 2017, soit une hausse de 60 % par rapport à 2012, comme le rapporte El Pais.
Ces autorisations sont établies par un comité de qualification, de valorisation et d’exportation des biens du Patrimoine historique, sous l’égide du ministère de la Culture. Composé de 22 membres, aidés d’experts, il se réunit onze fois par an et délivre trois types de documents : des autorisations définitives, des autorisations temporaires avec possibilité de vente, passées de 615 en 2012 à 999 en 2017, et enfin des autorisations temporaires, 438 en 2012 et 485 en 2017. Les trois types d’autorisations ont augmenté de moitié en 5 ans, passant de 2 326 en 2012 à 3 503 en 2017.
Jaime Mato, président de l’association des commissaires-priseurs espagnols (AESSAC) explique cette hausse par l’intérêt que les propriétaires ont à vendre leurs œuvres à l’étranger : « Pour un Picasso, un Miró ou un Goya, si l’œuvre est très importante en termes de prix ou de symbolique, le propriétaire possède plus d’options avec des clients internationaux ». Les ventes « peuvent doubler ou tripler » par rapport à l’Espagne, précise-t-il.
Près de 2 % des demandes annuelles débouchent cependant sur un refus, soit une soixantaine de cas par an en moyenne, concernant généralement des œuvres d’art majeures pour le patrimoine ou la culture : des œuvres d’artistes tels que Goya, El Greco ou Velázquez sont ainsi souvent conservées sur le territoire.
La liste publiée de ces biens culturels qui ont été refusés de sortir du territoire présente des œuvres dont les estimations vont de 50 euros –un bol de céramique-, à 55 millions d’euros, pour la Guitarra sobre una silla (Guitare sur une chaise), 1913, de Juan Gris, présentée au comité en 2017.
Mónica García-Perrote, avocate spécialisée dans le marché de l’art, estime que « la loi de 1985 régissant ces décisions est vague et peut rendre compliquée, même pour des experts, la définition de ce qu’est le patrimoine historique », mais elle concède que les décisions du comité sont généralement « bien motivées », ce qui n’empêche pas les litiges entre le ministère et des propriétaires d’œuvres. Jaime Botin, banquier espagnol et propriétaire d’un Picasso intitulé Tête de jeune fille, tentait depuis 2012 d’obtenir, l’exportation de la toile estimée à 26,2 millions d’euros. Les autorités françaises avaient finalement saisi l’œuvre à bord d’un yacht, en Corse, avant que le tableau ne soit transféré au musée Reina Sofia en août 2015.
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L’Espagne exporte de plus en plus ses œuvres d’art
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