PARIS - Avec l’exposition au Musée du Quai Branly « Picasso Primitif » (lire page 15) sur les liens qu’entretenait le maître espagnol avec l’art extra-européen, ainsi que la tenue de la 4e édition de Paris Tribal (lire page 40), Christie’s organisait pour la première fois une vente d’art d’Afrique et d’Océanie à ce moment de l’année, en remplacement du mois de juin.
À l’évidence, un bon choix. « Même sans Sotheby’s, nous avons eu, grâce aux deux événements, plus de monde qu’en décembre ; des Américains ont même fait le déplacement. Nous conservons donc cette date », a expliqué Bruno Claessens, directeur Europe du département. La vente a totalisé 5,6 millions d’euros frais compris (1), soit à peine au dessus de son estimation basse, qui ne comprend pas les frais (4,5 à 7 M €). La maison de ventes peut afficher son satisfecit, alors même que 40 lots sont restés sur le carreau sur les 117 proposés (taux de vente : 66 %). La collection Jean-Pierre Laprugne, point d’orgue de la vacation, a récolté 2 millions d’euros (est.1,5 à 2,5 M €). Une figure de reliquaire Kota (Gabon) s’est vendue 938 500 euros, au delà de son estimation haute (600 000 €). Mais quatre des six autres Kota n’ont pas trouvé preneur. « Ils n’étaient pas tous de même qualité », commentait un connaisseur. Cependant, « trois se sont vendus après les ventes », a confié Bruno Claessens. Quant à la pièce phare, un masque Dogon du Mali, il n’a pas réussi à dépasser son estimation basse (2,5 M €) à 2,3 millions d’euros. Les vraies surprises sont venues de l’art océanien. Un masque Sepik, pas vu sur le marché depuis quarante ans, a été adjugé 290 500 euros (est. 40 000 à 60 000 €), tandis que les trois massues U’U (îles Marquises) de la collection Laprugne se sont bien vendues, dont l’une à 182 500 euros, un prix record. « L’art océanien de qualité est vraiment en hausse. D’ailleurs, pour notre prochaine vente, nous allons tenter de faire 50/50 avec l’art africain alors qu’auparavant, il ne représentait que 30 %. Même les collectionneurs d’art d’Afrique s’intéressent à l’Océanie maintenant », concluait Bruno Claessens.
(1) Comme tous les prix indiqués, sauf pour les estimations, toujours hors frais.
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L’art océanien sauve la mise
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Abonnez-vous dès 1 €Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°477 du 14 avril 2017, avec le titre suivant : L’art océanien sauve la mise