Église - Restauration

Restauration de la collégiale de Guérande

Par Marion Krauze · Le Journal des Arts

Le 28 février 2025 - 496 mots

Le chantier, d’un montant estimé à 10 millions d’euros, débutera en septembre et devrait durer dix ans.

La Collégiale Saint-Aubin de Guérande. © Alexandre Lamoureux
La Collégiale Saint-Aubin de Guérande.
© Alexandre Lamoureux

Guérande (Loire-Atlantique). Sur la presqu’île de Guérande, les campagnes de restauration patrimoniale s’enchaînent. Après la rénovation d’une partie des remparts, de la porte Saint-Michel et de la tour Sainte-Anne, c’est au tour de la collégiale Saint-Aubin de retrouver son lustre. « L’édifice n’est pas en péril mais dans un état général moyen, il est vétuste », pointe Estelle Girault, directrice de la culture et du patrimoine de la Ville.

Et pour cause, la collégiale n’a pas connu de restauration depuis la fin du XIXe siècle, si ce n’est quelques interventions ponctuelles. Édifiée au XIIe siècle puis reconstruite au XIVe siècle, l’église est aujourd’hui délabrée par endroits : zingueries hors d’usage, détérioration de sa couverture et des maçonneries, fissures, fragilisation de ses vitraux…

Le projet de rénovation se veut donc ambitieux : le chantier se déroulera sur dix ans, en site occupé. « C’est une contrainte que l’on s’est mise car nous ne voulions pas avoir à fermer la collégiale. Elle a une vie très active, c’est le deuxième édifice cultuel le plus visité du département », souligne Estelle Girault. Et pour perturber le moins possible la vie touristique, les travaux seront chaque année suspendus durant la période estivale. « C’est aussi pour cette raison que nous avons fait le choix, avec le maître d’œuvre [l’architecte Pierluigi Pericolo], de décaler le lancement du chantier d’avril à septembre. »

Les travaux devraient donc débuter à l’automne. Ils seront divisés en six étapes, chacune d’une durée estimée entre un an et demi et deux ans. Les quatre premières tranches se concentreront sur le clos et le couvert, pour traiter en priorité l’étanchéité de l’édifice. Parmi les opérations prévues, figurent le renouvellement intégral de la toiture, la reprise des maçonneries et la restauration des tourelles d’accès au niveau des clochers. Pour pouvoir maintenir le fonctionnement habituel de la collégiale, le bâtiment sera restauré par quart. Jusqu’en 2027 les interventions porteront sur le quart nord-ouest et la façade occidentale, soient les parties les plus détériorées par l’humidité. S’ensuivront la rénovation des quarts nord-est, sud-est et enfin sud-ouest. Puis, les deux dernières étapes du chantier consisteront à restaurer les parties intérieures (reprise de la maçonnerie, rénovation énergétique, restauration du mobilier et des retables). Des opérations qui, là encore, seront scindées en plusieurs zones pour que la collégiale reste – tout du moins partiellement – ouverte au public.

La facture du chantier est élevée : son coût global est estimé à 10 millions d’euros, avec une première tranche évaluée à 1,8 million d’euros. La Ville peut compter sur l’aide de l’État (qui subventionne à hauteur de 40 % le montant total des travaux) et de la Région Pays de la Loire (à hauteur de 20 %). « Malheureusement, nous ne bénéficierons pas de l’aide du Département pour ce projet, déplore Estelle Girault. Mais nous essaierons de compenser ce manque avec du mécénat et nous nous adapterons en fonction, quitte à recalibrer nos plans à venir. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°649 du 14 février 2025, avec le titre suivant : Restauration de la collégiale de Guérande

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