Gaëtan Bruel, le directeur de cabinet de Rachida Dati, est nommé à la présidence du CNC et devrait être remplacé par Magali Valente.
Paris. La redistribution des rôles est un classique dans la Culture. C’est ainsi que le directeur de cabinet de Rachida Dati, Gaëtan Bruel, a été nommé à la présidence du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et qu’il devrait être très vite remplacé par l’actuelle conseillère culture à Matignon, Magali Valente. Les uns et les autres ont eu le temps de se préparer. Gaëtan Bruel était dans les starting-blocks depuis les ennuis judiciaires de Dominique Boutonnat, qui présidait le prestigieux opérateur dans le cinéma depuis 2019 et avait dû démissionner à la suite de sa condamnation par le tribunal correctionnel. Le nouveau président a toujours brûlé les étapes. Sa formation initiale n’a pas le cursus honorum des hauts fonctionnaires de l’État (il a à peine terminé ses années à Normale Sup), il est parti à 23 ans aux États-Unis où il a mis un pied dans les services culturels de l’ambassade de France. Il y reviendra sept ans plus tard par la grande porte, en tant que conseiller culturel après avoir successivement conseillé Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, administré le Panthéon puis de nouveau conseillé Le Drian. Doué pour la communication, il « invente » la « Villa Albertine », un programme de résidences d’artistes et penseurs francophones aux États-Unis, et revient en France pour conseiller cette fois Gabriel Attal, alors éphémère ministre de l’Éducation nationale. Il avait rejoint la Rue de Valois en janvier 2024.
Sa probable remplaçante au cabinet Dati, Magali Valente, a fait le mouvement inverse. Elle a été durant deux ans directrice du cinéma au CNC après avoir été administratrice à l’Assemblée nationale puis conseillère fiscalité de Bruno Le Maire. Elle a ensuite conseillé Élisabeth Borne à Matignon, puis Rima Abdul Malak à la Culture avant un retour à Matignon auprès de Michel Barnier.
Rue de Valois, elle fera la connaissance d’une nouvelle figure : Fleur d’Harcourt, qui, après une expérience dans l’édition notamment chez Flammarion et aux Éditions Autrement, a rejoint le cabinet en tant que conseillère livre, lecture, langue française et langues de France. Le portefeuille était sans titulaire depuis plusieurs mois. Le Livre partage avec le Cinéma la particularité d’être administré par des opérateurs sous la tutelle du ministère, mais qui disposent de leurs recettes propres, ce qui leur confère une autonomie. Le CNC est alimenté entre autres par la fameuse taxe sur les billets d’entrée tandis que le Centre national du livre est financé par une redevance sur le chiffre d’affaires des éditeurs.
Le Centre national de la musique (CNM, créé en 2019) bénéficie lui aussi de taxes affectées – sur les spectacles de variété et le streaming musical –, mais son budget est complété par une subvention du ministère de la Culture. Il vient de se doter d’un nouveau président en la personne de Jean-Baptiste Gourdin, qui a suivi tous les travaux ayant conduit à la création du CNM lorsqu’il travaillait à la direction générale des Médias et des Industries culturelles. Énarque et conseiller maître à la Cour des comptes, il remplace un autre énarque et magistrat au Conseil d’État, Jean-Philippe Thiellay.
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Jeu de chaises musicales à la Culture
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Abonnez-vous dès 1 €Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°649 du 14 février 2025, avec le titre suivant : Jeu de chaises musicales à la Culture