L'ISLE-SUR-LA-SORGUE
Les animaux ont toujours représenté pour l’homme une source d’inspiration féconde dans le domaine artistique, et les œuvres choisies par la Villa Datris constituent une matière riche pour questionner les relations entre humains et animaux.
Écologiquement engagés, les artistes dénoncent les souffrances des espèces vivantes malmenées par la modernité, l’urbanisme incontrôlé, l’irrémédiable destruction de la mémoire. Les espèces éteintes ou en voie d’extinction deviennent les victimes de la crise écologique. Mirko Baselgia reproduit des carapaces d’espèces de tortues disparues. Dans sa série Accidents de chasse, Pascal Bernier a réalisé un renard à la tête bandée. Très impliqué dans la protection des espèces, Andries Botha a conçu un éléphanteau pour l’exposition. Des artistes comme Miguel Branco et Mark Dion soulignent la négligence de l’être humain à l’égard de certaines espèces animales. Les œuvres de Julien Salaud et Claire Morgan éprouvent notre regard sur la mort, la fragilité de la nature. À l’instar de la Fondation Datris pour ses œuvres de Corneille, Tinguely et César, les plasticiens Johan Creten, Philippe Pasqua, Jean-Marie Appriou, Laurent Grasso, Tue Greenfort, Eva Ramfel et Hugo Rondinone proposent une interprétation contemporaine des cabinets de curiosités ou des vanités, soulevant la complexité avec laquelle notre société spécule sur les beautés inestimables offertes par la nature. Cette beauté animale, certains artistes la célèbrent par la magnificence de leurs parures à l’instar de Caroline Achaintre, Joana Vasconcelos ou Annette Messager ; d’autres la transcendent, comme Katia Bourdarel, Rina Banerjee, Gabriel Sobin ou Kiki Smith. D’autres, enfin, la synthétisent comme Laurent Gaudé. L’animalité exposée ici agit symboliquement comme un troublant miroir de l’humanité.
Cet article a été publié dans L'ŒIL n°725 du 1 juillet 2019, avec le titre suivant : Du coq à l’âne